02 août 2016 ~ 0 Commentaire

Murray Bookchin : l’anarchisme bourgeois et bobo va conduire à l’individualisme.

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À la mort de Murray Bookchin, en 2006, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a promis de fonder la première société qui établirait un confédéralisme démocratique inspiré des réflexions du théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Une reconnaissance tardive pour ce militant américain auteur d’un projet égalitaire et humaniste.

 

Le 6 janvier 2014, les cantons du Rojava, dans le Kurdistan syrien, se sont fédérés en communes autonomes. Ils ont adopté un contrat social qui établit une démocratie directe et une gestion égalitaire des ressources sur la base d’assemblées populaires. C’est en lisant l’œuvre prolifique de Murray Bookchin et en échangeant avec lui depuis sa geôle turque, où il purge une peine d’emprisonnement à vie, que le chef historique du mouvement kurde, M. Abdullah Öcalan, a fait prendre au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) un virage majeur pour dépasser le marxisme-léninisme des premiers temps. Le projet internationaliste adopté par le PKK en 2005, puis par son homologue syrien, le Parti de l’union démocratique (PYD), vise à rassembler les peuples du Proche-Orient dans une confédération de communes démocratique, multiculturelle et écologiste.

 

Murray Bookchin (14 janvier 192130 juillet 2006) est un militant et essayiste américain écologiste libertaire. Il est considéré aux États-Unis comme l’un des grands penseurs de la Nouvelle gauche.

Il est le fondateur de l’écologie sociale, école de pensée qui propose une nouvelle vision politique et philosophique du rapport entre l’homme et son environnement, ainsi qu’une nouvelle organisation sociale par la mise en œuvre du municipalisme libertaire.

Biographie

Il est né en 1921 dans le Bronx à New York et a grandi, comme il le décrit lui-même, en « bébé en couche-culotte rouge », imprégné de l’idéologie marxiste de sa jeunesse. En effet, sa grand-mère était membre du Parti socialiste révolutionnaire et ses parents sont des Juifs révolutionnaires qui ont quitté la Russie lors de la répression de la Révolution de 1905, comme la majeure partie des voisins de quartier. « Il y avait là plus d’un million de Juifs, arrivés des pays de l’Est en l’espace de cinquante ans. Ils formaient une ville dans la ville, avec ses journaux, ses théâtres, ses langues – le yiddish et le russe – sa religion (pratiquée ou reniée), son économie presque autarcique.» Il milita très jeune au sein de la Ligue des jeunes communistes des États-Unis (YCL), se tourna ensuite vers le trotskisme, puis perdit peu à peu ses illusions à cause de la coercition qu’il jugeait inhérente au léninisme. Il a également été militant syndical au sein du Congrès des organisations industrielles (CIO). Il est devenu rapidement connu pour la facilité avec laquelle il adressait des critiques dévastatrices au marxisme en utilisant la langue marxiste elle-même.

Bookchin est toujours resté un anti-capitaliste radical et un défenseur de la décentralisation de la société. Son idée de municipalisme libertaire a eu une influence certaine sur le mouvement « Vert », tant dans le domaine de l’écologie politique que celui de la décroissance.

 

 

Opposition à l’individualisme

Dans Social Anarchism or Lifestyle Anarchism, Murray Bookchin analyse l’anarchisme individualiste dans son incarnation la plus moderne, le « lifestyle anarchism » (« anarchisme comme mode de vie »), apparu au cours des années 1980 et 1990, période de reflux des mouvements révolutionnaires, aux États-Unis comme ailleurs.

Dans la revue canadienne Relations, Claude Rioux explique ainsi les craintes de Bookchin :

« L’anarchisme peut être « contaminé » par le contexte et l’environnement bourgeois qu’il combat. Les travers de l’introspection et du narcissisme de la génération des baby-boomers alimentent l’émergence d’un anarchisme plus proche de la psychothérapie que de la révolution : un aventurisme inconscient fait d’aversion pour la théorie, une célébration de l’incohérence théorique sous couvert de pluralisme, un engagement apolitique et anti-organisationnel dans une recherche de la joie de vivre intensément orientée vers soi-même. […] Cette subordination du collectif à l’ego et de la société à l’individu, nous dit Bookchin, est courante dans l’anarchisme comme mode de vie, qui tend à la privatisation des angoisses communes et à la sanctification du soi comme refuge au malaise social. »

Rioux ajoute que « selon Bookchin, cette vision a des conséquences sur le mouvement libertaire, notamment une exaltation du consensus (la majorité est illégitime même contre l’opinion d’un seul individu) et de la spontanéité individuelle aux dépens de l’organisation démocratique, plus à même d’établir des institutions autogérées ayant du pouvoir contre la domination capitaliste et les institutions hiérarchisées ».

Citation

« [...] un précepte libertaire fondamental : tout être humain est compétent pour gérer les affaires de la société, et plus particulièrement de la communauté dont il est membre. Aucune politique n’a de légitimité démocratique si elle n’a été proposée, discutée et décidée directement par le peuple, et non par de quelconques représentants ou substituts. C’est seulement l’administration de ces directives politiques qui peut être confiée à des conseils, des commissions ou des collectifs d’individus qualifiés, éventuellement élus, qui exécuteraient le mandat populaire sous contrôle public et en rendant des comptes aux assemblées qui prennent les décisions…. » (Une société à refaire, édition Ecosociété 1993, p. 255-256).

 

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Murray_Bookchin

 

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