10 août 2016 ~ 0 Commentaire

La 33e Waffen-Grenadier-Division de la SS Charlemagne.

sscharlemagne

La Division Charlemagne, était l’une des divisions d’infanterie de la Waffen-SS qui fut formée durant la Seconde Guerre mondiale. Elle était constituée majoritairement de Français engagés volontaires sous l’uniforme des Waffen-SS.

Historique

Heinrich Himmler souhaite intégrer tous les volontaires étrangers dans la Waffen-SS, qui comprend déjà un certain nombre de volontaires français depuis le 23 juillet 1943.

La Waffen-Grenadier-Brigade der SS Charlemagne remplace entre autres la Légion des volontaires français (LVF). Elle est formée à Wildflecken à partir de juillet 1944 comme la Französische SS-Freiwilligen-Sturmbrigade avec des unités disparates et des Français :

Soit au total près de 7 340 hommes (décembre 1944). Elle est officiellement commandée par l’Oberführer Edgar Puaud ancien commandant de la LVF depuis septembre 1943 mais supervisée en fait par le général Krukenberg.

En février 1945, la brigade Waffen-Grenadier-Brigade der SS Charlemagne (französische Nr.1) devient une division, la 33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne (französische Nr. 1).

 

Premier et dernier engagement

La division française est engagée par l’état-major allemand de manière anticipée pour tenter de juguler l’avance soviétique en Poméranie.

Le 17 février 1945, un premier contingent s’embarque à Fulda en direction de la Poméranie. À cette date, les armées soviétiques tentent d’encercler les troupes allemandes.

Les Waffen-SS français ne disposent que de camions et de Panzerfaust. Pilonnées par l’aviation alliée, les troupes arrivent péniblement à Hammerstein le 22 février. Dès le 24, avant même d’avoir regroupé ses hommes, Puaud lance ses troupes autour des bourgs de Elsenau et Bärenwald, au sud-est d’Hammerstein. La « division » SS, forte de quatre bataillons, mais dépourvue d’artillerie et de couverture aérienne, fait face pendant trois jours et trois nuits à huit corps blindés russes (général Panfilov) et à cinquante divisions (général Olikovski). Ils réussissent néanmoins à détruire 32 chars dont un char Staline. Au cours de ces premiers combats, durant lesquels le Brigadeführer Krukenberg a pris le commandement effectif de la division (laissant à Puaud un rôle tout juste symbolique), les Waffen-SS français ont perdu 2 000 hommes.

Après un regroupement à Neustettin, suivie d’une rapide réorganisation, la division doit entreprendre une longue et difficile marche dans le froid et la neige pour rejoindre le secteur de Belgard, situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest.

Arrivés sur place le 3 mars, les Français reçoivent aussitôt l’ordre de défendre la ville de Körlin (axe de repli des troupes et civils allemands). Engagés de manière dispersée, sans appui, ils établissent un périmètre de défense autour de la ville, mais, comme beaucoup d’autres divisions, ils sont finalement encerclés par les troupes soviétiques dès le 5 mars. Peu des Waffen-SS français réussissent à s’échapper de la nasse, la plupart étant tués dans la plaine de Belgard, avec Puaud à leur tête. Seul le bataillon du Hauptsturmführer Henri Fenet (accompagné de Krukenberg), qui a été le premier à percer, sortira quasiment au complet de cette campagne de Poméranie.

 

La bataille de Berlin

Le dernier bataillon de cette division, connu sous le nom de Bataillon Charlemagne, sous le commandement du SS-Hauptsturmführer Henri Fenet, participe à la bataille de Berlin au sein de la division Nordland. Il ne reste alors que 320 à 330 hommes à peine. Dans les combats de rue, qui se déroulent d’abord à Neukölln puis dans le secteur central, les Français à eux seuls auraient détruit une soixantaine de chars russes.

Le 27, ce qui reste des troupes se retranche dans le métro. Le 28, ils défendent la place Belle-Alliance qui protège l’accès du bunker d’Adolf Hitler. Parmi les derniers défenseurs du bunker figurent paradoxalement des volontaires français aux côtés de collaborationnistes de plusieurs pays d’Europe. Jusqu’au 2 mai, alors qu’Adolf Hitler s’est déjà suicidé, ils résistent à l’avancée des troupes russes. Les derniers hommes, dont Henri Fenet, sont faits prisonniers à cette date. Les SS français auraient été les « derniers défenseurs » du bunker, le Bataillon Charlemagne ayant été la seule unité encore présente jusqu’au 2 mai, afin d’empêcher les Soviétiques de le prendre pour la fête du 1er mai.

Sur le front ouest

D’autres éléments de la Waffen-SS français combattent le 29 avril contre les Américains en Bavière. Une douzaine de recrues, issues pour la plupart de la Charlemagne, se rendent aux troupes américaines qui les livrent le 6 mai à la 2e division blindée du général Leclerc, qui vient de prendre ses quartiers à Bad Reichenhall. Les prisonniers sont brièvement interrogés par Leclerc lui-même. Le lendemain, ou le surlendemain, ils sont fusillés sans jugement et sans que les autorités du GPRF, informées de leur capture, aient été tenues au courant de cette décision. La responsabilité de Leclerc dans cette exécution sommaire a été évoquée, sans qu’il soit possible de déterminer avec certitude si la décision a été prise par le chef de la 2e DB en personne, ou bien par l’un de ses officiers. Les corps sont abandonnés sur place par les Français, et enterrés plus tard à la hâte par les Américains. Seuls cinq des prisonniers exécutés ont été identifiés avec certitude.

En 1949, à la suite de la demande de la famille de l’un des fusillés, les corps seront exhumés et placés dans une tombe commune au cimetière de Bad Reichenhall. Cette histoire a inspiré une scène du film Un héros très discret, réalisé par Jacques Audiard en 1996.

 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/33e_Waffen-Grenadier-Division_de_la_SS_Charlemagne_(franz%C3%B6sische_Nr._1)

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