Calais : journée de blocages pour exiger le démantèlement de la Jungle.
«Jungle» plus peuplée que jamais, incidents réguliers sur les routes, impact sur l’activité économique: excédés, routiers, agriculteurs et commerçants bloquaient les routes lundi dans le Calaisis pour réclamer le démantèlement rapide du plus grand camp de migrants en France.
Partis tôt dans la matinée des villes de Loon-Plage et de Boulogne-sur-Mer, deux cortèges de dizaines de camions et de tracteurs ont rejoint une manifestation d’environ 400 personnes. Ils se sont immobilisés au beau milieu de l’autoroute habituellement fréquentée par les transporteurs européens pour rejoindre l’Angleterre.
«On ne bouge pas! On attend des réponses du gouvernement, notamment concernant la demande de zone franche et les aides aux entreprises en difficulté. Beaucoup d’entreprises ont dû s’endetter pour la sécurisation», explique Frédéric Van Gansbeke, porte-parole du collectif des entreprises et commerces de la région de Calais. Il a prévenu que le blocage pouvait «durer toute la nuit» mais qu’ils n’iraient «pas au conflit avec les forces de l’ordre». Une délégation devait être reçue dans l’après-midi par les autorités locales.
La Jungle, toujours plus remplie
Lors d’un énième déplacement à Calais vendredi, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait réaffirmé l’intention de l’Etat de démanteler la «Jungle» le «plus rapidement possible», sans donner de date. Une partie du camp a été démantelée en mars mais les migrants continuent d’affluer massivement.
Selon les autorités, ils sont aujourd’hui 6 900, mais des associations évoquent plus de 9.000 réfugiés, dont 900 mineurs isolés. Ils étaient entre 3 500 et 5 000 à la fin du démantèlement de la zone sud en mars.
Avant le démantèlement à proprement parler de la zone nord de la «Jungle», l’Etat doit toutefois obtenir gain de cause devant le Conseil d’Etat sur la fermeture des commerces informels qui y sont apparus. Il compte parallèlement intensifier les départs volontaires en créant d’ici à la fin de l’année quelque 8 000 places dans diverses structures d’accueil.
Bernard Cazeneuve dénonce la «démagogie» de l’opposition
Bernard Cazeneuve a fustigé lundi la «démagogie» de déclarations de l’opposition sur la «Jungle» de Calais. «Je sais bien qu’il y a des échéances électorales, mais il y a beaucoup de démagogie», a estimé le ministre de l’Intérieur, qui a refusé de se «laisser emporter par la surenchère».
«Je ne suis pas dans cette démarche (…) il faut du travail plus que des déclarations», a-t-il ajouté, «cela implique de la persévérance plus que de l’outrance» et de la «méthode».
La journée d’action des routiers, commerçants et agriculteurs du Calaisis avait suscité de nombreuses déclarations dont, dans l’opposition, celle de Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite, qui a pris l’engagement de régler la situation «en trois mois maximum» s’il était élu président de la République.
