22 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

Le dilemme des crèches de Noël.

creche

Disposer une crèche de Noël dans une mairie est-il une entorse à la laïcité ? Le débat ressurgit depuis que la Fédération des libres penseurs de Seine-et-Marne et la Fédération de la libre pensée de Vendée se sont opposés à l’installation de représentations de la scène de la naissance de Jésus dans la mairie de Melun et au conseil général de Vendée. Une première réponse vient de leur être apportée : le rapporteur public du Conseil d’État vient de recommander d’autoriser, sous conditions, les crèches de Noël dans les bâtiments publics.

Installer une crèche dans une mairie ne peut être autorisé qu’à trois conditions, a expliqué le rapporteur, Aurélie Bretonneau : que cette exposition soit « temporaire », qu’elle ne s’accompagne d’aucune manifestation de « prosélytisme religieux » et enfin qu’elle revête le « caractère d’une manifestation culturelle ou au moins festive ». « Nous ne croyons pas que le contexte de crispations sur la laïcité vous impose d’instruire par principe le procès de la crèche », a-t-elle conclu, insistant sur la « dimension pacificatrice de la laïcité ». La décision définitive des Sages – qui suivent en général l’avis du rapporteur – doit suivre dans les prochains jours, quelques semaines tout au plus.

« Un symbole culturel, pas cultuel »

Il revient en effet à l’Assemblée du contentieux de la plus haute juridiction administrative formée de 17 juges de déterminer si une crèche de Noël est « un signe ou emblème religieux dont l’installation dans un bâtiment ou emplacement public est systématiquement interdite par les dispositions de la loi du 9 décembre 1905 garantissant le respect du principe de laïcité », selon la formulation exacte émanant du Conseil d’État.

Interrogé par l’AFP, Alexandre Varaut, avocat à la cour d’appel de Paris, estime que la messe est dite : la crèche est « un symbole culturel, pas cultuel », « les gens ne prient pas » devant elle, « il n’y a pas d’installation par un prêtre ». Me Varaut rappelle aussi que le conseil général ne met pas en place d’installation particulière pour Pâques, « qui est la fête la plus importante pour les chrétiens ». « Noël est pour tout le monde. C’est une fête de la famille, des enfants. »

Contradictions

Un jugement contesté par les « libres penseurs » autoproclamés défenseurs de la laïcité véritable. Pour le secrétaire général des « libres penseurs » de Seine-et-Marne, David Gozlan, il va de soi que la mise en scène de la naissance de Jésus est « un épisode de la Bible qui n’a pas sa place ». Avec cette idée que la loi de 1905 neutralise l’espace public et le débarrasse de l’ensemble des manifestations traditionnelles de l’héritage judéo-chrétien de la France, même passé au tamis des traditions populaires, comme l’est une crèche ou un sapin de Noël.

Après le port du burkini, autorisé par le Conseil, les hauts magistrats vont devoir trancher. En attendant leur décision, les juges tâtonnent : il y a un an, la cour administrative d’appel de Paris avait ordonné dans un arrêt du 8 octobre 2015 le retrait de la crèche de la mairie de Melun, considérant qu’il s’agissait d’un « emblème religieux » quand la cour de Nantes décidait, elle, de la maintenir « dans le cadre d’une tradition relative à la préparation de la fête familiale de Noël ».

 

http://www.lepoint.fr/justice/le-dilemne-des-creches-de-noel-21-10-2016-2077559_2386.php

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Demain, quelle France ? |
Meulanbleumarine |
Gemini0planet |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Informaction
| Un supermarche à ceyzeriat ...
| Tous Unis pour le Canton d&...