22 février 2017 ~ 0 Commentaire

Christiane Taubira : Mehdi Meklat, icône des banlieues ou antisémite haineux ?

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Début février, il apparaissait en couverture des Inrocks, entourant Christine Taubira, avec son compère du Bondy Blog, Badroudine Saïd Abdlallah (plus connu sous son surnom Badrou)… Mehdi Meklat est, depuis quelques jours, au centre d’un scandale. Au lendemain de son passage à La Grande Librairie, sur France 5 le 16 février, émission au cours de laquelle les deux jeunes avaient présenté leur dernier ouvrage, Minute, plusieurs internautes ont exhumé des tweets odieux, publiés entre 2011 et 2015.

L’intéressé les a effacés pendant le week-end :

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Né à Clichy (Hauts-de-Seine) en avril 1992, Mehdi Meklat avait été repéré à partir de 2008 alors qu’il animait une chronique désenchantée sur « la vie d’un jeune en banlieue ». Recruté par Pascale Clark en 2010, il avait fait partie, pendant cinq ans, de l’équipe de son émission Comme on nous parle. Pour ses anciens collègues de la maison de la radio, ces révélations laissent un sentiment d’incompréhension. Contactés, aucun d’eux ne souhaite s’exprimer sur cette histoire.

Le jeune homme de 24 ans explique aujourd’hui, pour se défendre, qu’il s’agissait d’un « jeu » répondant à l’envie de « perturber un monde trop lisse ». Il tente, par tous les moyens, de désamorcer la polémique et multiplie les messages de regret.

Début février, il apparaissait en couverture des Inrocks, entourant Christine Taubira, avec son compère du Bondy Blog, Badroudine Saïd Abdlallah (plus connu sous son surnom Badrou)… Mehdi Meklat est, depuis quelques jours, au centre d’un scandale. Au lendemain de son passage à La Grande Librairie, sur France 5 le 16 février, émission au cours de laquelle les deux jeunes avaient présenté leur dernier ouvrage, Minute, plusieurs internautes ont exhumé des tweets odieux, publiés entre 2011 et 2015.

L’intéressé les a effacés pendant le week-end, mais jusqu’à samedi on pouvait y lire (entre autres) :

Né à Clichy (Hauts-de-Seine) en avril 1992, Mehdi Meklat avait été repéré à partir de 2008 alors qu’il animait une chronique désenchantée sur « la vie d’un jeune en banlieue ». Recruté par Pascale Clark en 2010, il avait fait partie, pendant cinq ans, de l’équipe de son émission Comme on nous parle. Pour ses anciens collègues de la maison de la radio, ces révélations laissent un sentiment d’incompréhension. Contactés, aucun d’eux ne souhaite s’exprimer sur cette histoire.

Le jeune homme de 24 ans explique aujourd’hui, pour se défendre, qu’il s’agissait d’un « jeu » répondant à l’envie de « perturber un monde trop lisse ». Il tente, par tous les moyens, de désamorcer la polémique et multiplie les messages de regret.

Ces explications embarrassées n’ont pas empêché François Busnel de réagir fermement, dimanche 19 février, sur Internet.

Christiane Taubira a, pour sa part, publié le texte suivant sur sa page Facebook, le 20 février : « Il y a beaucoup d’évidences dans cette affaire de tweets de Mehdi Meklat. À dire vrai, il n’y a même que cela. La première, c’est que Les Inrocks n’auraient pas pris le risque de se compromettre. C’est un journal qui aime débattre, et même quereller les goûts artistiques, pas se salir. La deuxième, c’est qu’il ne leur serait pas venu à l’idée de me proposer cette rencontre s’ils avaient eu la moindre connaissance d’un seul de ces tweets, car ils savent que, sur ces sujets, il n’y a pas d’espace pour des débats. Ils savent aussi que rien, ni dans mes propos, ni dans mon attitude, ni dans mes écrits, et ma vie est déjà longue, n’offre le plus mince interstice pour supposer l’ombre d’une complaisance sur de telles abjections. La troisième évidence, c’est que ces propos creusent une consternation aussi vertigineuse qu’un cratère atomique. La quatrième, c’est qu’il n’y a qu’une issue : la vérité et le cheminement. Et si c’était un jeu, il est trop pestilentiel et trop dangereux pour ne pas faire l’objet d’un examen rigoureux. J’ai rencontré Mehdi Meklat pour cet entretien, j’avais lu leurs deux livres. Je maintiens qu’ils sont bien écrits. Il y a quelque chose à purger. Il ne peut résider dans un même esprit la beauté et la profondeur d’une telle littérature et la hideur de telles pensées. Il faut purger, curer, cureter. Cela se fait plus aisément lorsqu’on n’est qu’au début d’une vie où il y a tant à faire. Une chose à retenir : l’anonymat ne préserve jamais éternellement, et c’est une bonne nouvelle. Les réseaux sociaux ne sont pas un bunker. Pas durablement. »

Les éditions du Seuil ont également publié un communiqué. La maison d’édition y condamne « ces tweets au contenu raciste, antisémite, sexiste ou homophobe (…) avec la plus grande fermeté ».

Mehdi Meklat s’est de nouveau expliqué, ce lundi, sur son compte Facebook. Présentant une nouvelle fois ses excuses, il a argué que ce « personnage de fiction maléfique » n’était pas « dans la vie réelle », mais sur Twitter. « Il se permettait tous les excès, les insultes les plus sauvages. Par là, il testait la notion de provocation. Jusqu’où pouvait-il aller ? Quelles seraient ses limites ? Aucune. Rien sur ce réseau social naissant n’était mis en œuvre pour arrêter les logorrhées numériques ignobles. [...] Grisé par cette liberté infinie, Mehdi n’a pas su contrôler Marcelin. Nous partagions peut-être parfois une certaine colère, mais je la transformais en art quand Marcelin n’avait que la haine en lui. »

Il affirme avoir « tué » Marcelin Deschamps, « ce personnage qu(‘il) exècre », et assure que « ces outrances n’ont rien à voir avec » lui. « Elles sont à l’opposé de ce que je suis et de ce que je veux représenter. Je me souviens que Marcelin Deschamps, parfois, en une heure, pouvait ne jamais s’arrêter. Sa diarrhée verbale était son expérience ultime, comme un déversement sale et visqueux dans un monde qui peut l’être tout autant. Aujourd’hui, j’ai conscience que les provocations de Marcelin Deschamps, ce personnage pouilleux, étaient finalement leurs propres limites. Elles sont désormais mortes et n’auraient jamais dû exister. » Ce mea culpa tardif lui évitera-t-il des poursuites judiciaires ?

 

http://www.lepoint.fr/societe/mehdi-meklat-icone-des-banlieues-ou-antisemite-haineux-21-02-2017-2106258_23.php

 

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