13 mars 2017 ~ 0 Commentaire

La théorie de la Mondialisation démocratique.

obama

 

Pour des institutions mondiales de type fédéral contrôlées par les citoyens du monde.


Pour les décisions affectant tous les citoyens du monde face à des défis planétaires de plus en plus critiques, le système actuel des Etats-nations censés coopérer est à la fois impuissant et peu démocratique. 

Une mondialisation démocratique est nécessaire. 

Elle reposerait sur un réseau d’organisations mondiales représentant directement les citoyens de la planète et couvrant les questions communes les plus cruciales. 
Ces entités pourraient à long terme se réunir en une fédération mondiale démocratique.

Définition et objectifs

La démocratie appartient à tous

Rappelons que la mondialisation va bien au delà du simple développement
des échanges économiques (mondialisation des marchés) à travers la planète.

C’est en fait un rapprochement des habitants de la Terre dans la plupart
des domaines, aidé notamment par l’essor des communications.

C’est le monde devenant lui-même.

Ce phénomène apparait irréversible, même si persistent de graves divisions.
En effet personne ne peut vivre désormais cloîtré dans sa grotte.

La mondialisation démocratique repose sur l’idée d’un besoin de plus en
plus en plus criant de regrouper les concepts de mondialisation et de
démocratie pour en pratique créer une démocratie à l’échelle
mondiale
 (*).

Cette idée va au delà de la (nécessaire elle-aussi) revendication de 
« démocratie mondiale » concernant l’extension de la démocratie à 
chaque territoire de la planète.


L
‘article Crise économique, mondialisation démocratique et fédéralisme
montre que les 
défis actuels auxquels fait face le monde ne peuvent
être résolus par
 le système « inter-national » actuel à base de
laborieux, 
obscurs et souvent stériles marchandages entre gouvernements
de nations peu enclins à coopérer.

=> Ce simple « multilatéralisme » ou « système intergouvernemental »,
soumis à l’écran opaque des États-nations 
et à de ses politiciens
jaloux (*) de leurs pré-carrés , devient le problème plus que la
solution.
 

(*) un pouvoir public au prestige d’ailleurs un peu écorné dans
divers pays.


Le grand clivage politique ne se réduit plus à droite vs. 
gauche mais est de plus en plus entre le repli sur son 
pré-carré et l’ouverture au monde.

 

Les Etats-nations, et aussi les oligopoles économiques, ONG
militantes, sectes (religieuses ou idéologiques) et bien entendu
mafias 
ne doivent pas continuer à confisquer le pouvoir mondial pour
leurs intérêts de clocher.


Ces défis nécessitent une gouvernance à l’échelon mondial ayant l’autorité
nécessaire (dans certains domaines) sous le contrôle démocratique 

de tous les terriens
 (sous forme d’élection ou mieux de »sortition« ).

Les personnes, organisations et pays démocratiques doivent
promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme, soutenir 
les
forces démocratiques dans les pays soumis à l’arbitraire, ne pas
soutenir leurs gouvernements 
(une chose souvent contournée
pour raison de « realpolitik »)

Ils peuvent aussi secourir des populations soumis à un danger
massif immédiat. 

Mais ils ne peuvent pas (et ne doivent pas) imposer la démocratie par la force et  créer de nouvelles tragédies (Iraq…).  

Les divisions de notre planète du fait de la prééminence des états-
nations rendent l’intervention d’une nation à l’intérieur d’une autre 
la plupart du temps illégitime et suspecte, à moins d’un consensus
mondial, ou parfois « par défaut » en cas de 
génocide.

=> La mondialisation démocratique que cet article propose rendrait  
      les choses plus praticables en instituant à l’échelon mondiale une 
      vraie « police » et « justice » face aux gouvernements massivement 
      irrespectueux des Droits de l’Homme.

L’optique exclusivement institutionnelle

 
Pas d’orientations politiques prémâchées, mais des droits constitutionnels .
Entre parenthèses il est stupéfiant que le monde
n’ait aucun statut juridique, ce qui serait quand
même un minimum !

À la différence de la « démondialisation », de l’antimondialisme ou son
faux nez, l’altermondialisme qui cherche plus à imposer des idéologies
particulières qu’à rassembler), le projet de mondialisation démocratique
est promondialiste et politiquement neutre. 


Les partisans d’une mondialisation démocratique ne veulent:

  • Ni entraver la mondialisation
 Celle-ci; quelque soient ses insuffisances, offre dans bien des 
domaines l’opportunité de rapprochement et d’épanouissement
des êtres humains.
  • Ni imposer au monde une orientation politique préalable
(de « droite », de « gauche », ou que sais-je), ce qui serait une
insulte à un fonctionnement démocratique
  • Ni supprimer l’autonomie des Etats / régions actuels
En dehors des domaines de mise en commun de « souverainetés », chaque entité garde son pouvoir de gérer ses propres affaires « sur le terrain Il s’agit non pas d’un régime de soumission mais d’un système fédéral. 
Ils souhaitent au contraire que la mondialisation* pénètre davantages de domaines

Ceux où elle peut être source d’améliorations pour tous, notamment au niveau des institutions.

* soit plus démocratique,

   par un accès de tout citoyen du monde aux décisions.


Le moyen principal proposé est de développer un 
 réseau
d’organisations mondiales

* chargées des questions communes les plus cruciales 
* ayant reçues une part de souveraineté dans ces domaines 
* et fonctionnant de manière démocratique

en se rapprochant progressivement du 
mode fédéral.
La mondialisation démocratique
  • consisterait ainsi a créer ou développer des institutions au fonctionnement démocratique, ayant un pouvoir planétaire dans des domaines où les acteurs sont devenus de plus en plus interdépendants et les questions à gérer de plus en plus transnationales.
  • ne privilégierait aucune orientation politique ou idéologie préalable,
mais simplement des domaines d’actions, considérant que les décisions doivent être prises par ces institutions mondiales selon un processus démocratique tel qu’esquissé plus bas.


Pour résumer, la mondialisation démocratique est une nécessité.
Cette forme d’organisation différerait à la fois
* d’un gouvernement mondial tout puissant tranchant toutes les
questions du monde
* et d’une simple coopération mondiale qui ne ferait qu’émettre des
règles communes  à partir de laborieux consensus internationaux.

La différence serait dans l’existence d’institutions mondiales bénéficiant de souveraineté sur certains domaines clés. Au lieu d’être contrôlées par les nations elles le seraient par des représentants élus (ou tirés au sort) directement parmi les populations, donc dans un cadre fédéral. 

Le processus envisageable au fil du temps

Cette structuration démocratique des institutions pourrait démarrer par :

  • créer d’un petit nombre d’institutions mondiales spécialisées placées sous contrôle démocratique des citoyens mondiaux avec pleine autorité sur des domaines cruciaux mal ou non couverts par les institutions existantes (démarche pragmatique).
 et en parallèle ouvrir aux citoyens mondiaux des institutions internationales existantes contrôlées pour l’instant par les États-nations. 
C’est vrai, ça, où est un vrai parlement de l’ONU, émanant directement des citoyens ?

Ces entités où les citoyens du monde seraient représentés plutôt que les Etats pourraient se rejoindre à plus long terme (au fil des décennies ou des générations) dans une fédération mondiale démocratique, qui coordonnerait les divers domaines pour assurer un minimum de cohérence et qui dépendrait tout autant des citoyens de la planète.
Gouvernement mondial ?
Ou plutôt parlement et fédéralisme mondial ?


L’idée de gouvernement mondial qui serait l’aboutissement possible à long
terme en fait frémir certains, y voyant une machine planétaire à broyer les populations.

C’est une caricature, et souvent une diabolisation, une manipulation pour  maintenir le pouvoir absolu et sans partage des Etats sur les personnes (souverainisme, nationalisme).

En fait la mondialisation démocratique suppose:

 
  • La formation éventuellemennt à terme d’un parlement mondial,
  • Surtout dès maintenant des organes démocratiques mondiaux,
non pas sous forme de « big gouvernment » attrape-tout mais
spécialisées par domaines clés et travaillant entre elles en
réseau
 
Ne peuvent être traités au niveau mondial que les questions bien définies que ne peuvent pas régler sérieusement chaque territoire.

Chacun doit par contre gérer ses affaires propres, un champ
qui doit rester vaste (subsidiarité) dans l’esprit du fédéralisme.

Les représentants des citoyens ne devraient en aucun cas être
des émissaires des Etats, mais des personnes élues (ou tirées
au sort) parmi les populations.

Le fédéralisme ne nie pas pour autant l’indépendance des états,
mais au contraire garantit celle-ci (voir plus bas).

Quels domaines spécialisés pour amorcer le processus ?

Ces institutions mondiales spécialisées (avec des passerelles entre elles 
pour éviter des incohérences) et à fonctionnement démocratiques 
concerneraient notamment
 
  • Le  domaine maritime au delà des eaux territoriales, 
C’est un espace actuellement non gouverné, une zone 
quasiment de non-droit. 

Se posent les problèmes de navigation, sécurité, trafics illégaux, 
piraterie, pollution, exploitation de ressources (pêche, minerais, 
pétrole) effectuée sans droits, sans véritable surveillance ni 
contrepartie… 

Le monde aurait notamment sa propre flotte d’intervention
contre les délinquants voulant faire leur propre loi.

nécessitant une autorité monétaire mondiale, gérant
une monnaie étalon (et de réserve pour les banques centrales). 

On pourrait d’ailleurs concevoir que l’autorité qui la piloterait, 
sorte de super banque centrale, soit instituée sous forme de 
coopérative dont tout citoyen du monde pourrait être sociétaire.

Quant à l’étalon créé en commun, il pourrait servir aussi 
d’unité de compte
 pour les marchés de matières premières 

et autres, et aussi être utilisée dans des contrats (internationaux 
ou autres). 

A long terme, après avoir démontré progressivement (*) son 
utilité, les citoyens de la planète pourraient l’adopter comme 
monnaie mondiale à part entière.

Egalement une autorité financière mondiale chargée 
d’anticiper et prévenir les crises monétaires et financières.

Notons qu’il s’agirait de veiller 
* sur le plan juridique au respect de principes généraux 
   compris de tous, avec des pouvoirs de sanction s’ils sont 
   violés par des excès ou des « arnaques« ,
* et comme organe de surveillance et renseignement 
   de repérer  les signes d’évolutions de ces secteurs très 
    mouvants.

Il ne devrait pas tomber dans un arsenal réglementaire massif et abscon, inapplicable donc inappliqué (et source ainsi de la crise suivante), qui ne serait établi qu’à partir du passé (donc déjà obsolète) ou de modèles mathématiques aux bases scientifiques discutables.

  • Bien entendu certains défis économiques, comme
    • le pilotage d’actions économiques communes 
face à la  crise actuelle,
    • l’incitation à des échanges commerciaux plus équilibrés
(peut être avec un rapprochement stratégique entre 
l’OIT, l’OMC, le FMI, la Banque mondiale, etc.),

Il s’agirait là encore de piloter de façon globale sans entrer dans
des excès réglementaires

  • Certains défis  environnementaux.
Cela sans entrer dans les obsessions de certains idéologues plus
verts que le vert.

Par exemple les événements du Japon posent la question de la sécurisation de la production d’électricité nucléaire. Elle ne peut être supervisée simplement par les nations ou les entreprises concernées elles-mêmes, à la fois juges et parties.

Aussi les risques de pénuries de certaines ressources naturelles clés demandent qu’un organisme pilote coordonne, notamment des pays qui tendent à les utiliser trop massivement.

  • Bien sûr aussi les  droits de l’homme 
(à l’image de la Cour Européenne des Droits de l’Homme), en permettant notamment d’intervenir contre – et ne pas laisser impunies -les tyrannies multipliant les exactions envers leurs citoyens (ou agressant d’autres pays).
Voir aussi droit pénal international

Une autorité mondiale pour faire face face aux problèmes de 
crime organisé et de terrorisme (et maintenant au cybercrime, que d’ailleurs les Etats eux-mêmes tendent à pratiquer au mépris des libertés individuelles) est également souhaitable.

Sans parler du contrôle sans contre-pouvoir des grands de l’Internet sur des milliards de cerveaux (réseaux sociaux, moteurs de recherche…)

  • Et parmi ces droits, la  connaissance, l’information, la culture 
domaines essentiels dans la  »société du savoir », dont la facilité 
et liberté d’accès doivent être universellement promus
  • Et évidemment les  droits économiques élémentaires 
(inefficacité jusqu’à maintenant des nations face à la faim dans le
monde, les manques d’eau potable…, absence de moyens communs 

organisés et réactifs pour faire face aux grandes catastrophes 
(naturelles ou dues à des conflits ou dictatures).
 
  • Et aussi des nouveaux défis technologiques  aux droit de l’homme
(transhumanisme, robotique, croisement de données personnelles)

(*) au plan monétaire, le mot « progressivement » n’est pas forcément de 
     mise, vu la quasi débandade du système monétaire mondial actuel, et 
     en fait l’absence de vrai système monétaire mondial. 

Les politiques risquent d’être pris de vitesse par les grands groupes
économiques 
et financiers du monde qui, effrayés de cette instabilité et du
risque d’effondrement, 
en viendraient à créer leur monnaie à eux, cette
fois sans contrôle citoyen.
 


Une remarque

Il ne faut pas dédaigner, bien au contraire certains rapprochements à
l’intérieur de grandes régions du monde
 (l’Europe peut très bien s’y 

prêter mais elle tarde à se construire, on tourne autour du pôt depuis 60 ans).
Tout en constituant des exemples sur l’intérêt de s’unir, ils pourraient 
montrera la voie à suivre et participeraient à l’invention des modes
 démocratiques d’organisation adaptées à de grands ensembles.

 

Débats sur des institutions existantes

 
L’un des problèmes est que l’ONU, que certains ont cru voir comme
 l’embryon de cette construction, est fragilisée par des États
réticents envers des structures supérieures à eux.
Mais surtout l’ONU n’est pas conçue comme instance
démocratique mais comme outil de négociation entre
États souverains
.

Ainsi la représentation ne se fait pas en fonction de la population,
et les régimes non démocratiques sont également représentés.
L’ONU, et ses institutions satellitesne sont ni dans dans leur type de
fonctionnement, ni dans leur mission, des modèles de démocratie.


Par ailleurs, des institutions comme l’OMC ne dépendent pas de l’ONU
et certaines de leurs actions peuvent s’écarter 
des objectifs onusiens. 

A l’ONU, tous les États ne sont pas égaux, cinq d’entre eux (*) ayant 
un pouvoir supérieur  comme membres permanents au Conseil de 
sécurité et disposant du droit de veto, ce qui constitue un déficit 
démocratique.  
(*) Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie.

 

On peut aussi se poser la question d’autres organisations-multilatérales 
plus récentes (G20…), qui elles aussi, à défaut de démocratie, et même 
de véritable pouvoir, restent dominés par les marchandages, et
en prime la bureaucratie
 (voir là encore 

Crise économique, mondialisation démocratique et fédéralisme).

 

En synthèse : un manifeste des terriens?

 
Un manifeste des terriens aspirant à un monde démocratique pourrait
démarrer ainsi :

Les habitants de la Terre veulent être traités en citoyen de celle-ci.
Ils désirent à cet effet que

 
  • La mondialisation, qui rapproche les Hommes, soit
amélioréen et notamment étendue aux domaines
où elle fait cruellement défaut.

Elle peut alors être définie comme le fait que le monde
devient lui-même en réunissant les êtres humains,

  • Soient développées des institutions mondiales démocratiques,
où ces citoyens de la planète seront progressivement
tous directement 
representés.

=> « Directement » signifie sans interference des nations,
        à la différence des vieilles  institutions « internationales », 
où les marchandages entre Etats, contournent 
une vraie
democratie.

 

Couvrir tous les domaines envisageables (qui doivent rester limités, dans
un cadre fédéral) est un but à long terme.
Mais peuvent être proposés pour commencer un nombre limité
d’institutions mondiales démocratiques en charge de quelques
domaines cruciaux d’intérêt commun.

Ils pourraient se fédérer à long terme en une union fédérale
mondiale

* pour régler les questions de cohérence entre les domaines
couverts par ces institutions « thématiques », 

* en laissant les entités locales résoudre tout aussi
démocratiquement les questions qui concernent 
plus directement
leurs populations.

 

Le fédéralisme est dans cette optique le seul système qui apporte cette
démocratie à tous les niveaux territoriaux, à la différence de la centralisation
jacobine, nationaliste ou collectiviste.

D’ailleurs, paradoxalement, des entités fédérales mondiales, à qui 
les nations délégueraient une part de leur souveraineté, serait en 
fait le meilleur outil pour garantir l’indépendance de ces nations, 
dans leurs domaines propres, face aux autres pouvoirs mondiaux 
de fait…et aux autres nations.

 

http://pgreenfinch.pagesperso-orange.fr/recupknol/k127f-mondialdemoc.html

 

 

 

 
 

 

 

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