21 mars 2017 ~ 0 Commentaire

François Hollande et les opérations homo.

homo

François Hollande, président en mal de sympathie ou voulant laisser à la postérité la visage d’un homme fort, a reconnu l’inavouable, il a ordonné des opérations homo.

Une opération Homo ou Omo est une opération d’élimination de personnes (assassinats ciblés), menée par le service Action des services spéciaux du renseignement extérieur de la France (SDECE puis DGSE).

Un groupe commando dédié aurait été créé au sein du Service Action pour effectuer ces opérations de neutralisation, baptisé « cellule Alpha » selon Vincent Nouzille.

Guerre d’Algérie

Ces opérations concernaient plus particulièrement les éliminations physiques des intellectuels, militants ou responsables du FLN durant la guerre d’Algérie. Selon les révélations faites par Constantin Melnik, chargé du SDECE auprès du Premier ministre de 1959 à 1962, dans son ouvrage paru en 1995, La mort était leur mission, un comité spécial dont il faisait partie donnait des directives au service Action du SDECE. Ce comité était composé du représentant du général de GaulleJacques Foccart, du Premier ministre Michel Debré et de lui-même. Une unité de mille parachutistes triés sur le volet avait été mise à la disposition du SDECE, en 1957, pour « mener secrètement les missions que l’État ne pouvait conduire ouvertement : d’une part, des opérations militaires hors d’Algérie, c’est-à-dire l’attaque des bases du FLN à l’étranger et notamment en Tunisie, d’autre part, l’élimination des militants ou des leaders du FLN en Europe et de leurs soutiens réels ou supposés ».

Avant 1959, quelques opérations « Homo » avaient été réussies, notamment l’assassinat de Ait Ahcène à Bonn en Allemagne de l’Ouest1, ou celui du trafiquant d’armes Marcel Léopold à Genève. Ces attentats étaient revendiqués par la mystérieuse organisation « La Main Rouge », une pure invention du SDECE. Parmi les principales opérations Homo ordonnées par le comité de 1959 à 1962, il y eut l’attentat contre Taïeb Boulahrouf à Rome qui échoua mais tua un enfant de 10 ans nommé Rolando Rovai et celui contre maître Amokrane Ould Aoudia, membre du collectif des avocats du FLN.

Aujourd’hui

À la suite de l’échec de l’affaire du Rainbow Warrior et de l’identification rapide des « faux époux Turenge », est mise en place la « cellule Alpha », une entité qui fonctionne de manière clandestine au sein même du service Action de la DGSE (ex-SDECE).

Présidence de François Hollande

Dans Un président ne devrait pas dire ça…, livre d’entretiens des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme avec François Hollande paru en octobre 2016, le président reconnaît avoir ordonné au moins quatre de ces assassinats ciblés pendant son mandat, dont probablement celui du chef islamiste somalien Ahmed Abdi Godane en septembre 20144.

Selon le journaliste Vincent Nouzille, le président aurait ordonné l’exécution d’une quarantaine de djihadistes entre 2013 et 2016. Parmi eux, huit Français, dont Macreme Abrougui, tué par une frappe française en Syrie le 7 octobre 2016 et cinq autres tués dans des frappes ciblées américaines : David Drugeon, Charaffe El-Mouadan, Boubaker El-Hakim, Salah Gourmat et Walid Hamam5Abdelhamid Abaaoud, un des principaux organisateurs des attentats du 13 novembre, aurait lui-même été la cible d’une opération à la fin de l’été 2015, qui n’aurait finalement pas été menée au bout pour éviter des dommages collatéraux parmi la population civile.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_homo

 

François Hollande, président en mal de sympathie ou voulant laisser à la postérité la visage d’un homme fort, a reconnu l’inavouable, l’un des secrets de polichinelle de toutes les présidences de la République, les « opérations homo ». Ce qui a soulevé de vives réactions dans le monde politique, non pas pou dénoncer les actes commis, mais le fait de les reconnaître, une marque de plus de son absence d’entendement de la fonction.

De quoi s’agit-il ? L’opération homo est une action terroriste menée par les services secrets pour éliminer une personne désignée. L’âge d’or des opérations homo, en se couvrant sous l’appellation de « Main rouge », fut la guerre d’Algérie et de la décolonisation. Pour Constantin Melnik, coordinateur des services secrets auprès de Premier ministre Michel Debré, la « Main rouge », détournement du nom de milices ayant commis de 1952 à 1956 de nombreux assassinats de militants indépendantistes en Afrique du Nord, fut une « des plus belles intoxications de l’histoire des services secrets … ». Constantin Melnik précise : « elle abusait les médias et les opinions publiques, non les services secrets et les polices »[1], ajoutons, ni les mouvements d’indépendance ni les anticolonialistes.

Ce sont des opérations commanditées au plus haut niveau de l’État, les instructions données alors par de Gaulle étaient qu’elles devaient se dérouler exclusivement à l’étranger et ne pas viser un citoyen français, ce qui aurait sauver la vie de Jacques Vergès, mais pas celle d’un autre avocat, Amokrane Ould Aoudia, tué de deux balles à la porte de son cabinet, non pas à l’étranger, mais dans le 2e arrondissement de Paris.

L’essentiel des opérations menées par le SDECE (devenu la DGSE), le furent effectivement hors du territoire national contre des militants indépendantistes et anticoloniamistes. En Allemagne, Aït Ahcène est très grièvement blessé à la porte de l’Ambassade de Tunisie à Bonn, Abselkader Nouari à deux mains arrachées en ouvrant une boîte de chocolat, en Italie, voulant chercher sa balle qui avait roulé sous la voiture de Tayeb Boulharouf, un enfant est tué en déclenchant le dispositif, en Espagne, le secrétaire du bureau du FLN est abattu, en Suisse, le dirigeant camerounais Félix Moumié est empoisonné au thallium, en Belgique, un étudiant Aklo Aïssou est assassiné par une fléchette. Les militants nationalistes ne sont pas seul visés, à Liège, un professeur belge anticolonialiste, Georges Laperche, est déchiqueté en ouvrant un livre piégé. Durant la guerre d’Algérie, 250 militants nationalistes et anticolonialistes, marchands d’armes ou victimes collatérales ont été tués lors d’opérations homo.

Celle-ci terminée, les présidents qui se sont succédés, s’ils n’ont pas renoncés aux opérations homo pour neutraliser des personnes, ont renoncés aux liquidations physiques, sauf que l’opération foireuse du sabotage du Rainbow Warrior fait une victime. François Hollande a lui franchi la ligne rouge, il le dit et le proclame, il a ordonné des opérations homo, notamment, sophistication des armements et des moyens, en ayant recours à des drones. Une arme indolore pour nos opinions publiques

L’opération homo posent des problèmes éthiques et elle enfreint un des principes fondamentaux du droit humanitaire : les parties à un conflit armé doivent en tout temps opérer une distinction entre les civils et les combattants. Ce qui permet, intervenant sans uniforme ni distinction militaire, de qualifier de terroriste des actions menée par des mouvements indépendantistes, antitotalitaires ou par des organisations factieuses et racistes. C’est précisément le mode opérationnel que requiert une opération homo : agir dans le secret, camouflé et en cachant son identité de combattant. Hors la France est un État de droit, signataire des Conventions internationales, en ayant recours aux opérations homo elle viole ses engagements et sa signature.

Autre atteinte au droit international qui découle des opérations homo, opérant en territoire étranger, il y a violation de la souveraineté d’un État et la France a été à plusieurs reprises mise en accusation pour violation de territoire lors d’opérations homo. Mais, logique de ce jeux trouble, le je le fais et donc tu peux le faire, la France a elle même été l’objet de dizaines de violations de sa souveraineté lors d’opérations homo commises par des services d’autre pays sur son territoire. Avec une constante, comme il en est pour les opérations menées par la France à l’étranger[2], les opérations menées par des services étrangers en France restent impunies.

Il en est ainsi, liste non exhaustive, pour l’assassinat de Mehdi Ben Barka, mais aussi pour ceux de Mahmoud Al Hamchari, représentant de l’OLP, Mohammad Boudia et Henri Curiel, militants internationalistes, Dulcie September, représentant de l’ONC sud-africaine, Salah Bitar, opposant au régime syrien,  Ali André Mecili, dirigeant du Front des Forces Socialistes, de trois militants tamouls, des trois militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan DoganLeyla Soylemez, d’une vingtaine de militants de l’ETA basque et de Shapour Bakhtiar, ancien premier ministre iranien, le seul cas cité qui eu une suite judiciaire avec la condamnation de lampistes mais pas des commanditaires.

Conduire des opérations homo c’est non seulement bafouer le droit humanitaire et international, violer la souveraineté des États et ouvrir le champ à la violation de sa propre souveraineté, c’est aussi renoncer à une morale d’État et gangréner ses rouages en légalisant des mœurs barbouzes. Notre société est assez déliquescente pour ne pas ajouter à la valorisation de l’argent, de la corruption, du carriérisme, celle de l’assassinat politique.

Vient de paraître : Nils Andersson, Mémoire éclatée, aux Editions d’En-bas, Lausanne, ouvrage dans lequel il est question des opérations homo.

 


 

[1] Constant Melnik, La mort était leur mission, Éditions Plon, 1995.

[2] Si l’on excepte l’affaire du Rainbow Warrior.

 

 

https://blogs.mediapart.fr/nils-andersson/blog/281016/crimes-detat-francois-hollande-et-les-operations-homo

 

 

 

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