17 juin 2017 ~ 0 Commentaire

Le charme violent de la bourgeoisie.

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Si une révolution a bien eu lieu dans ce pays, elle est avant tout aisée, très aisée, jeune, et masculine.

Elle est venue de la gauche, sans crier gare, portée par des journalistes désespérés de voir que leur camp était incapable de penser en économie de marché. Ces mêmes journalistes, également furieux de constater que la montée de l’islamisme était excusée par tous les dirigeants PS et Insoumis, n’ont eu d’autre option que d’adouber un ex banquier qui était allé se promener au Puy du Fou. Puis de l’adorer.

- T’as vu, m’avait dit un ami journaliste, à l’époque. Il est vraiment original, lui, il comprend la valeur des symboles.

Je peux dire à présent que non seulement Macron excelle dans la valeur des symboles jusqu’à l’indécence la plus monstrueuse (Oradour-sur-Glane), mais aussi qu’il va réaliser le rêve d’une droite libérale qui savoure chaque seconde son rosé des vacances en votant pour lui des deux mains, chrétiennes ou non.

Macron, c’est la génération Petits Mouchoirs dans toute sa redoutable acceptation. Elle accorde à merveille les médias, ratisse de l’étudiante « créa » aux Beaux-Arts au journaliste-Rastignac de 35 ans, désillusionné de tout, excédé d’être mal payé à la pige, et se disant que perdu pour perdu il y a peut-être une option dans ce nouveau parti pour se préparer à la gloire si longtemps attendue ; elle ratisse aussi de l’affairiste expat qui croit que la jeunesse conquérante va amnistier ses faillites à répétition au jeune agriculteur du bio se frottant les mains à l’idée de subventions supplémentaires ; elle ratisse de la cheftaine tyrannique des chaines de télé enfin heureuse de pouvoir virer ses esclaves et, qui sait, de leur infliger des humiliations à l’anglo-saxonne (non seulement tu vas te barrer, mais en plus en portant tes cartons devant tous tes petits camarades) à l’ingénieur informaticien émerveillé de voir son monde virtuel gagner sur le réel. Enfin, elle rend les banquiers heureux comme jamais, cette génération : on ne prête qu’aux riches et les riches, c’est Macron.

Dans cette symphonie en mouvement, ce qu’il reste d’aisé dans l’aristocratie, la grande bourgeoisie et  le monde médiatique s’unit en été Vivaldi. Un été d’autant plus radieux qu’il a les promesses de moissons fertiles, l’économie de notre village planétaire allumant ses phares au vert. Il foulera au pied dans un ensemble impitoyable l’intégrale Paul Ricoeur, les interrogations sur l’islamisme dont il se fiche totalement dès l’instant que profit il y a, et comme la jeunesse, cultivée ou non, est dans la plus stricte horizontalité, tout socle culturel. Dans notre monde planétaire, vous n’avez pas besoin de connaitre les variations Goldberg, les apports de Charlotte Perriand ou d’Eileen Gray, la syntaxe ni même la richesse du vocabulaire car si vous maîtrisez les options de votre ordinateur, la vie s’effectuera en sifflotant. La vie politique est devenue un usage, pas une croyance.

Toute la beauté de l’affaire est de faire croire qu’il n’y a pas d’autre choix. Que la moralisation aura lieu. Pour la énième fois, n’empêchant pas le récent ministre de la Justice de violer la Constitution sans qu’un seul journaliste (encore moins les procureurs) ne l’ouvre pour se scandaliser devant l’aspect république bananière hexagonale, préférant relayer les trois procureurs qui déposent plainte contre Donald Trump.

Vous, je ne sais pas, mais moi, quand je vois Edouard Philippe et Bruno Le Maire se réjouir de manière aussi publique, je pressens qu’au moindre coup de Trafalgar, la droite libérale fera sécession, après avoir fait entrer son cheval de Troie dans la place.

Il n’y aura pas de bienveillance chevillée au corps… Les intrigues sont déjà là, à coup de boxe et de parties d’échec. Il y aura élan violent réunissant toutes les droites pour lesquelles le sentiment est une absurdité, dans une parfaite mue au profit… du profit.

Après tout, pourquoi pas? De Saint-Cloud à Oberkampf, c’est le fantasme absolu : sortir sa petite blouse Marant ou pseudo Marant, se la péter, et s’inventer une férocité qui oblitère celle de la messe ou des films noirs. Cette posture incluant les Insoumis de luxe, la galette de blé bio va ravir un plus grand nombre et réduire en poussière les inféodés des entreprises et des services.

La révolution n’aura pas lieu : les riches l’ont faite. Et avec L’IA, ils n’ont pas fini de la faire, sans caresser leur victimes avant de les abandonner. A la hache. Et sans femme.  En France, le XIXe siècle a toujours raison. Et puis, pour ce que les lointaines nations alliées font des femmes, cela vaut bien le coup de les sacrifier dans des rôles de potiche.

La politique, en France, est affaire de prostitution masculine. C’est la pire. Nous en avons le plus fascinant exemple sous les yeux.

 

http://valeriepineau-valencienne.typepad.fr/mon_weblog/2017/06/le-charme-violent-de-la-bourgeoisie.html

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